Plus les faits durent, plus ils font souffrir et plus c'est difficile d'en parler. Se taire c'est permettre à l'agresseur de continuer. C'est aussi s'enfermer et se culpabiliser alors que le seul coupable, c'est l'agresseur.
Très souvent lorsque c'est l'un des parents qui agresse, l'autre parent ne peut ou ne veut pas voir ce qui se passe, ne veut ou ne peut entendre ce que tu lui dis.
Parler c'est briser le secret, la solitude et l'enfermement.
A qui parler ?
Il te faudra peut-être insister et parler à plusieurs reprises pour être entendu.
Ce peut être un copain, une copine, tes parents, un adulte en qui tu as confiance, une infirmière, une assistante sociale, un psychologue, un policier.
Ce peut être également un avocat qui te conseillera sur ce qu'il convient de faire.
Que se passe-t-il si tu décides de te rendre au commissariat ?
- Un adulte peut t'accompagner au commissariat afin que tu révèles les faits dont tu es victime. Si tu t'en sens capable tu peux même y aller seul. Dans presque tous les commissariats, il existe une brigade des mineurs ; ce sont des policiers spécialement formés à l'écoute des enfants victimes.
- La loi permet de dénoncer les faits dans n'importe quel commissariat.
Pour les agressions sexuelles, il est préférable d'aller à la brigade des mineurs de Bobigny située au 45, rue de Carency à Bobigny (01.41.60.26.70)
Souvent c'est difficile de se souvenir exactement de tous les faits. Il faut parler seulement de ce dont tu te souviens.
Le policier va te poser des questions ; il faut lui répondre lorsque tu sais. Tu as aussi le droit de ne pas savoir, d'avoir oublié ; il vaut mieux le dire plutôt que de vouloir absolument répondre à la question.
Au cours de l'enquête, il est possible qu'une confrontation soit organisée avec l'auteur des faits.
Et après ?
- Si le Procureur décide de poursuivre la personne, tu seras informé de la date de l'audience
- Dans certains cas, il peut classer l’affaire.
- Dans les cas les plus graves ou les plus compliqués, il désignera un juge d'instruction, pour continuer l'enquête.
Rencontre avec l’avocat à son cabinet
L'avocat te reçoit à son cabinet, seul. En aucun cas, tes parents ne peuvent assister à cet entretien.
Il t'explique comment cela va se passer dans le bureau du juge. Il discute avec toi, t'aide à éclaircir tes idées et à préciser ce qui t'apparaît important à dire lors de ton audition par le juge.
Il est soumis au secret professionnel et ne pourra pas révéler ce dont vous avez parlé.
Tu peux l'appeler au téléphone si tu n'as pas compris quelque chose, avant et après ton audition.
Rencontre avec le juge d’instruction
Bien sûr l'avocat sera présent à tes côtés dans le bureau du juge d'instruction lors de ton audition, mais ce n'est pas lui qui répondra aux questions qui te seront posées.
Il vérifie que le juge a bien noté toutes tes déclarations.
En cas de confrontation avec la personne que tu accuses, ton avocat peut poser des questions. Son avocat peut également poser des questions.
Il peut demander au juge d'entendre des témoins et d'ordonner des expertises.
Le jour de l’audience
Si tu as été victime d'agression sexuelle et que tu ne veux pas que l'audience soit publique, ton avocat demandera le huis clos.
A l'audience c'est surtout ton avocat qui intervient, qui pose les questions et qui plaide.
Il rappelle les faits dont tu as été victime et quelles en ont été les conséquences pour toi.
Il demande des dommages intérêts en réparation de ce que tu as subi.
Il ne peut pas demander de peine de prison : c'est le rôle du Procureur de la République.
Les juges prennent leur décision après avoir entendu ton avocat, le Procureur de la République et l'avocat de ton agresseur. C'est leur décision ; tu n'es donc pas responsable de la peine prononcée, et notamment du fait que ton agresseur aille peut-être en prison.
Dans tous les cas, ton avocat t'expliquera la décision rendue par les juges.